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Comme promis...
C'est triste mais je le trouve très beau (et j'aime beaucoup Rimbaud).
Dis-moi ce que tu en penses
Ophélie
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
II
O pâle Ophélia! belle comme la neige!
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!
III
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
Arthur Rimbaud

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triste mais très beau
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Je suis toute émue, je me souviens ma mère m'avait raconté ce poème quand j'étais petite et j'ai toujours mémoire ce dessin voici
et j'ai trouvé ce lien la même chose
http://membres.lycos.fr/morala/Nephilim … /aides.htm
Du début
Merci Elemmire ça me touche beaucoup et c'est triste 
Dernière modification par une fille ange (07-12-2007 23:04:29)

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Ce tableau est l'un de mes préférés. J'ai eu la chance de le voir en vrai à Londres
le vert est très lumineux, ça contraste vraiment avec la mort.
Pour la petite histoire, la femme qui a servi de modèle a posé dans une baignoire. Elle était morte de froid la pauvre, et elle en a sûrement attrapé la pneumonie.
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Je ne résiste pas, puisque le sujet est lancé, à vous partager un autre tableau de la même époque et du même mouvement artistique (nom de l'artiste: Waterhouse), ainsi que le poème qui va avec (de Tennyson)
ici en anglais: http://charon.sfsu.edu/TENNYSON/TENNLADY.HTML
Et en français:http://leonicat.club.fr/mots/damedeshallot.htm
A quand un collier "La Lady de Shallot? 
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Enfin (apèrs j'arrête promis juré!!!!) dans la série (sauf que c'est un homme qui souffre), mon poème préféré:
le tableau:http://academic.brooklyn.cuny.edu/engli … hughes.jpg
en anglais: http://nosferatuttiquanti.centerblog.ne … Sans-Merci
LA BELLE DAME SANS MERCI
Ah ! Qu’est-ce qui peut te faire souffrir, pauvre être,
Errant solitaire et pâle?
Les joncs sont flétris au bord du lac,
Nul oiseau ne chante.
Oh ! Qu’est-ce qui peut te faire souffrir, pauvre être,
Si farouche et si malheureux ?
Le grenier de l'écureuil est plein
Et la moisson est rentrée.
Je vois un lys sur ton front
Moite d'angoisse et de fiévreuse rosée,
Et sur ta joue une rose qui s'effeuille
Commence aussi à se flétrir.
J'ai rencontré une dame dans les prés,
Très belle, la fille d'une fée;
Ses cheveux étaient longs, ses pieds légers,
Et ses yeux sauvages.
Je fis une guirlande pour sa tête,
Et des bracelets, et une ceinture parfumée.
Elle me regardait comme si elle m'aimait
Et poussait une douce plainte.
Je l'assis sur mon coursier paisible
Et ne vis rien d'autre tout le jour;
Car elle se penchait de côté et chantait
Une chanson de fée.
Elle trouva pour moi des racines d'un goût exquis,
Du miel sauvage et une rosée douce comme la manne;
Et sûrement en un langage étrange elle me dit:
- Je t'aime de fidèle amour.
Elle m'entraîna dans sa grotte d'elfe
Là, me contemplant, elle poussa un profond soupir,
Là, je fermai ses yeux égarés et tristes
Et l'embrassai pour l'endormir.
Là, nous sommeillâmes sur la mousse
Et là je rêvai, hélas! hélas!
Le dernier rêve que j'aie jamais rêvé
Sur le flanc de la froide colline.
Je vis des rois pâles et des princes aussi,
De pâles guerriers; tous étaient pâles comme la mort,
Et criaient: - La Belle Dame sans Merci
Te tient en servage.
Je vis dans les ténèbres, leurs lèvres affamées
Grandes ouvertes pour faire peur et m'avertir;
Et je m'éveillai et me trouvai ici
Sur le flanc de la froide colline.
Et voilà pourquoi je demeure ici,
Errant, solitaire et pâle,
Bien que les joncs soient flétris au bord du lac
Et que nul oiseau ne chante.
John KEATS, 1819[/url]
Dernière modification par litwa (07-12-2007 23:53:13)
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une fille ange a écrit:
Merci Elemmire ça me touche beaucoup et c'est triste
-> Litwa : J'aime bien La belle dame sans merci. Je ne connais pas Keats (enfin de nom si, mais je ne l'ai jamais lu), merci de me le faire découvrir ! 

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Trés beau vos poémes les filles 
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